GENDER CHECK, Mumok, Viennes
L’image-phare de la communication, un sosie masculin de Marylin Monroe m’avait assailli partout à travers ma visite de la ville jusque dans le métro. Durant ce séjour viennois, l’exposition semblait se mettre de son propre chef sur la liste des choses à voir. L’exposition se tient à Viennes sur trois niveaux et demi de l’imposant musée d’art moderne, le MUMOK. Les organisatrices (Bojana Pejic…) ont réuni, en effet, des centaines d’œuvres (+200 artistes) venues de l’Est entier de l’Europe et l’exposition suit les changements de représentation des modèles masculins et féminins dans l’art, tout particulièrement leur développement dans différentes conditions socio-politiques .
La première salle s’offre à ma droite, dévoilant peintures et ce qui semble être des photographies. Il n’est pas aisé néanmoins de circuler dans l’exposition qui ne se présente pas au premier abord comme comme chronologique.
Les premières œuvres glorifient le travail en peinture sous les république socialistes. On commence avec les années 60 qui prône un réalisme sociale et une société asexuée où on retrouve la figure dominante de travailleurs des deux genres élevés au rang héros. Elles présentent surtout des modèles socialistes à la fois vérifiant et contestant la compréhension des conceptions des genres durant cette période.
Les images sont variées et de différentes natures. On retrouve des contrastes saisissants entre les différentes images de propagande où la positon de la figure féminine est proéminente (construction de l’État, figure de la mère, nourricière, …). Ensemble, ces différents travaux montrent de façon intéressante comment propagande et art peuvent s’approprier les formes féminines pour une cause politique.
Plus tard, dans les niveaux supérieurs, on poursuit avec des morceaux des 70′s et des 80′s traitants de différentes thématiques telles que le corps, l’identité, la performance, concepts qui ne sont pas inconnus aux connaisseurs de la question féministe. Préoccupations certes familières à travers les différentes propositions mais qui n’en restent pas moins digne d’être vu pour leurs explorations souvent sensible et intime de l’espace personnel de l’artiste et son identité

Je suis néanmoins plus réceptive aux oeuvres de ces deux dernières décennies. Période offrant plus de liberté ainsi que de nouveau challenges, elle interroge les artistes des anciens pays communistes à revoir leur place à l’échelle du monde et non plus du seul bloc formé par le régime communiste. J’ai notamment apprécié l’oeuvre de Tanja Ostojic, « Searching for a Husband with an EU passport » qui aborde la question de l’immigration et les relations entre l’Est et l’Ouest de façon intelligente et humoristique.
A travers le reste de l’exposition, je rencontre d’autres oeuvres intéressantes dans un large choix de média allant de la vidéo à la sculpture. On constate combien le travail varie, depuis la prise de positions politiques aux supports utilisés. Cette variété d’ailleurs est un des points faibles de l’exposition. Tout en ouvrant les yeux, elle se perd dans le flou et le message qu’elle véhicule perd de sa force. Il y a tant de processus à l’oeuvre, de questions posées et de représentations différentes que GENDER CHECK ne tente pas et ne réussit pas à rassembler dans un ensemble cohérent. Bien qu’on veuille vouloir démontrer d’oeuvres solidement ancrées dans leur contexte socio-politique, il est parfois difficile de le déchiffrer. Une exposition plus petite, avec une définition plus précise aurait eu la possibilité de le faire
